dimanche 12 octobre 2014

Personnels de l'Education : lettre ouverte aux syndicats


PERSONNEL ENSEIGNANT
Signez la lettre ouverte aux organisations syndicales
Contre la réforme des rythmes scolaires


LETTRE OUVERTE AUX ORGANISATIONS SYNDICALES

Nous ne comprenons pas...
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Comment l’École de la République, celle que nous aimons et servons tous avec dévouement chaque jour, en est-elle arrivée là ?
Morcelée, divisée, empreinte de méfiance, de colère, de délation, elle n'a plus rien de l’École pour laquelle nous nous sommes engagés.
Comment une simple demi-journée supplémentaire peut-elle causer un tel désastre ?
La réponse est simple, et vous comme nous la connaissons, car nous voyons et ressentons les choses de l'intérieur de l’école. La réponse, c'est que tout ceci a été bâti sur un mensonge, ou plutôt une série de mensonges. Et quand personne n'y croit, à commencer par les enseignants, cela ne peut pas fonctionner.
Les études PISA si mauvaises, réalisées sur des élèves qui sont allés à l'école 4,5 jours, les retours d'expérimentation catastrophiques de la réforme en 2013-2014, passés sous silence malgré les cris de protestation de tous les acteurs de terrain, la propagande lancée par le Ministère dès le printemps 2014 afin d'endormir l'inconscient collectif, argumentée par des chronobiologistes soigneusement choisis et dont autant de confrères, d'avis différents, ont été muselés et écartés !
Jamais personne n'a réussi à prouver que les enfants n'apprenaient pas moins bien en 4 jours. Alors qu’il est évident que des élèves fatigués en fin de semaine n'apprennent pas mieux. Nous sommes à même de vous l'affirmer.
Nous avons donc tous compris que cette réforme, passée en force sous la forme d'un décret, rejetée à deux reprises par le CSE, n'était pas mise en place dans l'intérêt de l'enfant.
L'intérêt économique, lui, semble plus pertinent à souligner dans ce cas. Car maintenant que tout le monde regarde ce qui se passe dans sa commune, son école, et bien souvent même s'en prend à son maire, il sera plus aisé de procéder aux ajustements nécessaires aux objectifs attendus par l'Europe et l'OCDE.
N'oublions pas que l’Éducation Nationale coûte cher, très cher, trop cher à l’État ! Les ajustements commenceront par la réduction de la PAJE-emploi, du fait de la scolarisation le mercredi. Puis nous nous dirigerons vers la territorialisation, comme la plupart d'entre vous nous avait alertés dès le départ sur ce point.
Il s'agit donc d'une atteinte très grave, d'une agression caractérisée envers cette école qui nous est si chère, au sein de laquelle nous mettons tout notre coeur à faire réussir tous les élèves. Devons-nous nous résigner et accepter qu'elle devienne une école au rabais ? Est-ce ainsi que nous concevons l'égalité des chances ?
Alors non, nous ne comprenons pas...
Lorsque nous entendons des réponses comme « C'est la réforme de la FCPE », « Tu ne peux pas comprendre, nous préparons nos élections professionnelles », « C'est compliqué, il y trop de questions politiques », « On ne peut pas participer à quelque chose que nous n'avons pas construit », nous demeurons perplexes, car nous avons besoin de protection et de soutien de la part des syndicats. 
Vous avez su, tous ensemble, lever les foules pour les retraites et même pour le Kosovo. 
Nous avons aujourd’hui besoin de sentir cette même force, ce même souffle.
Nous, enseignants, éprouvons un réel besoin d’être représentés et soutenus à un moment où il se passe des choses aussi graves dans le monde éducatif.
Nos élèves vont mal, nos enfants vont mal, nous allons mal !
Nous sommes nombreux, très nombreux dans ce cas ! 
Et nous vous demandons solennellement de nous sortir de là, nous et nos élèves.
Accepteriez-vous de réaliser une chose qui a semblé impossible jusqu'alors, mais qui semble à nos yeux être le seul moyen de contrer le passage en force de cette réforme : accepteriez-vous de vous UNIR, afin d’obtenir, tous ensemble, l'abrogation de ces décrets toxiques pour l’École ? Nous avons besoin de cela pour vous renouveler notre confiance. Nous avons besoin de vous savoir auprès de nous sur le terrain, au moment précis où nous avons tant besoin de vous.
S'il vous plaît, pour nos élèves, nous vous en conjurons, ralliez-vous pour exiger l'abrogation des décrets Peillon – Hamon !
Des enseignants en péril...

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