mercredi 9 septembre 2015

Marseille : périscolaire, des parents au bord de la crise de nerfs

Plusieurs milliers d'enfants ont été privés d'activités, hier. La mairie assure que des solutions vont être trouvées...

Un enfant qui refuse de quitter son école, oui, m'sieurs-dames, cela arrive. "Je veux rester !",pleure à chaudes larmes le petit garçon, fermement empoigné par sa mère, rue Négresko (8e). "Viens, c'est fini !", le tire-t-elle sèchement par le bras. Peut-être le gamin avait-il entendu parler des stimulantes activités périscolaires prévues, croyait-on, chaque mardi dans son groupe scolaire Azoulay (8e). Sur le papier, un monde formidable : culture, sport, sorties dans la nature. Que du bonheur. À l'exacte opposée de l'application chaotique, voire nulle dans certains quartiers, vécue l'an passé...
Mais dans la réalité, sur place, un fiasco intégral. Deux animateurs seulement la semaine dernière pour surveiller 90 enfants, alors que la règle impose un adulte pour 18 gamins. Pire : ce lundi, l'association lyonnaise titulaire du marché passé par la municipalité, le Centre départemental de soutien scolaire (CDSS), a carrément fait une "Bielsa". C'est-à-dire un jet d'éponge en dernière minute, sans explications claires. Mais pas sans raison...
"L'organisation générale ne nous apparaissait ni sérieuse, ni pérenne, et surtout, elle ne garantissait pas la sécurité des enfants", plaide en "off" un responsable du CDSS, association présente "sans accroc" dans "des dizaines" de communes françaises. Et de préciser, vachard : "Après l'appel d'offres, on a fini par nous réunir le 21 août pour des inscriptions le 25. Ce n'était pas trop tôt ! Ensuite, quand on est venu sur place, les effectifs étaient deux fois supérieurs à ce qui était prévu. Beaucoup d'enfants étaient présents à défaut d'être inscrits. Nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions ! L'organisation est déficiente, digne du Bangladesh..."

"Il y a urgence à ce que la municipalité respecte son engagement de rétablir les TAP"

Au-delà de cette exagération lyonnaise, l'addition est effectivement lourde : 21 classes de primaire et de maternelle du 8e arrondissement, soit près de 3 000 enfants, privés hier de temps d'activités périscolaires (TAP) puis de garderie. Et des parents littéralement furieux : "Ça nous TAP sur les nerfs", ont-ils inscrit sur un drap qui barre l'entrée de l'école Azoulay. À l'intérieur, une poignée d'entre eux a décrété l'occupation. "Pour nous, les torts sont partagés", place Pedro Lima, du syndicat MPE 13. "Les Lyonnais n'ont pas assuré leur mission et la Ville a le devoir de vérifier l'application des marchés... Maintenant, il y a urgence à ce que la municipalité respecte son engagement de rétablir les TAP dès mardi prochain. Et cette fois, gérés par des gens sérieux et à l'écoute."

À quelques dizaines de kilomètres de là, ils tapent aussi. Des mains. Une vingtaine d'écoliers en pleine activité dans la cour du groupe scolaire Bois-Luzy (12e), sous le regard bienveillant de Jean-Claude Gaudin (LR). "Vous savez qui je suis ?", demande l'élu en forçant la voix. "Nooon...", répondent les mômes. "Je suis Jean-Claude, le shérif !", rit de bon coeur le maire de Marseille. Un premier magistrat venu constater, de visu, "le succès des activités périscolaires gratuites." Du moins, insiste-t-il, "dans 95 % des 444 écoles marseillaises. Et c'est pour cela qu'il faut ...

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