vendredi 25 avril 2014

Une réforme des rythmes scolaires imposée



Ø  Une réforme décidée dans la précipitation

Annoncée lors du discours d’investiture de François Hollande le 6 mai 2012, la réforme aura mis moins de 9 mois à voir le jour.  Son décret d’application est paru le 26 janvier 2013. Ce temps aura-t-il suffit pour réfléchir aux conséquences d’une telle décision sur le quotidien de millions de familles ?

Mr Peillon se défend pourtant de toute précipitation arguant que le gouvernement de droite avant lui voulait déjà la mettre en place.
En effet Luc Chatel son prédécesseur avait mené une grande concertation qui aboutit au rapport Tabarlot, dont les grandes lignes sont similaires à la réforme de Mr Peillon.
Cependant, rien n’avait été mis en place.
Interrogé sur la réforme des rythmes scolaires de son successeur, Luc Chatel estime qu’elle est bonne sur le principe mais que le gouvernement en a négligé certains aspects.
En effet tout le monde est d’accord sur le principe : l’école française va mal et doit être réformée, les rythmes scolaires sont un des facteurs de ce changement.
« Vous avez une bonne réforme mais mal pilotée parce que le gouvernement a péché par excès de confiance et a négligé des sujets » a déclaré Luc Chatel le lundi 18 novembre 2013 au micro de RTL.
 « En premier le contenu : qu'est-ce qu'on fait pendant les heures où il n'y a pas cours ? Ensuite le personnel : il y a un problème de recrutement du personnel encadrant. Et enfin la question du coût. »

Vincent Peillon avance également que tous les acteurs ont été concertés pour la mise en place de cette réforme.
"La réforme des rythmes sco­laire a été pré­pa­rée en concer­ta­tion avec les pro­fes­sion­nels de l'éducation et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales", avançait-il notamment.
Pourtant…

Ø  Une réforme appliquée sans la concertation des principaux acteurs

Si les syndicats d’enseignants et associations majoritaires ont pu être consultés lors de la mise en place de la réforme, celle-ci a été imposée sans qu’aucune réelle concertation n’ait été proposée à l’ensemble des parents, enseignants, animateurs ou élus afin de construire ensemble un dispositif pertinent et réalisable. Ce sont pourtant ces personnes qui, chaque jour, œuvrent pour le bien-être et l’avenir de nos enfants.

« Pendant l'été 2012 tous les acteurs du système éducatif ont été consultés » grâce à un questionnaire en ligne…

Les enseignants, principaux acteurs de "terrain" auraient été consultés pendant leurs congés ? C'est peut être pour cela qu'ils ont eu le sentiment qu'on ne leur a rien demandé : la concertation a eu lieu, c'est vrai, mais sans eux, et sans beaucoup de monde d'ailleurs...

Il y a concertation et concertation... Mettre en place un site internet et recueillir les avis de ceux qui se sentent concernés (et surtout qui sont au courant de cette possibilité !) c'est une chose, dégager des heures dans les emplois du temps de tous les professeurs d'école afin qu'ils donnent leur avis sur une question c'en est une autre !
Mr Peillon (qui ne fait pas toujours n'importe quoi) a mis en place cette réelle concertation pour  l'élaboration des nouveaux programmes, mais cela n'a assurément pas eu lieu pour les rythmes scolaires: seules les "hautes sphères" ont été consultées...

Depuis plus de 20 ans les recherches et rapports sur les rythmes de l’enfant se succèdent… sans jamais obtenir de vrai consensus, sans jamais réussir formellement à prouver qu'une organisation vaut mieux que l'autre quant aux résultats scolaires.... certainement une des raisons (hormis le côté "pratique") qui a fait que si peu de gens se sont mobilisés lors du passage à la semaine de 4j. 


Ø Les instances consultées sont non représentatives.

On peut noter une certaine incohérence lorsque Vincent Peillon prétend avoir la majorité qui le soutien.
Pour les parents d’élèves par exemple, la FCPE, dont le président Mr Roault affirme être favorable à cette réforme, ne représente que 15,49% des parents du primaire !

Pour les enseignants, seulement 25% d’entre eux sont syndiqués. Le syndicat majoritaire, le SNUipp, malgré quelques incohérences du fait d’être dans le comité de suivi de cette réforme, relate fréquemment les dysfonctionnements du décret Peillon.

En fait de nombreuses instances se positionnent contre cette réforme (PEEP) et même pour l’abrogation de ce décret (SNE, SNUDI FO…), ainsi que de nombreux élus et énormément de personnes non représentées se regroupant autour du symbole des gilets jaunes, symbole de sécurité pour nos enfants, car nous veillons sur leur bien-être et leur avenir.

Ø Un décret et non une loi
Et pourquoi d’ailleurs choisir un décret comme support à une supposée refondation de l’école ? Ce sujet n’est-il pas assez important pour nécessiter une loi qui l'officialise ?
Certains élus interrogent  à ce sujet : « Est-ce d’ailleurs un hasard si le gouvernement est passé par un décret et non par une loi pour faire passer ce texte ? Il s’agit d’un transfert non financé de compétences de l’État aux communes, ce qui n’est pas constitutionnel. Or une loi aurait pu faire l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel et probablement d’une censure sur la base de l’article 72-2 de la Constitution ».
Bien au contraire, c’est une réforme qui nous concerne tous !
La réforme des rythmes scolaire, au-delà de l’école est en fait une réforme de société.
Elle implique l’éducation nationale et ses acteurs  bien sûr, mais aussi les parents et donc les entreprises dans lesquelles ils travaillent (possibilité de libérer un jour ou pas, de venir chercher les enfants à 16h30 ou pas…), les transports, le tourisme, la santé, le sport, la culture…
En ce sens, elle nécessiterait même un référendum pour sa mise en place !

Dans une République, les lois doivent être issues du peuple, pour une plus grande égalité et une plus grande justice, et non leur être imposées comme dans une dictature.


A VOIR :
http://www.education.gouv.fr/cid75652/elections-des-representants-des-parents-d-eleves-aux-conseils-des-ecoles-et-aux-conseils-d-administration-des-etablissements-publics-locaux-d-enseignement-2013-2014.html

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